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L'IMPACT MATISSE

Rencontres interdisciplinaires les 14 et 15 Mars 2014,

organisées par l'IESA en partenariat avec la Fondation Alliance Française

101 boulevard Raspail, 75006 Paris

Commissaire scientifique: Isabelle Bonzom

Matisse



L’Institut d’Études Supérieures des Arts (IESA) commémore les 60 ans de la mort d’Henri Matisse en organisant deux journées d’études consacrées à son œuvre et à son rayonnement. Pour ces rencontres interdisciplinaires, l’IESA invite historiens de l’art, conservateurs de musée, philosophes et artistes à échanger leurs recherches et leurs points de vue.

Henri Matisse est un fondateur incontournable de la modernité qui a bouleversé en profondeur la démarche artistique. Son oeuvre prolifique a soulevé de nombreuses problématiques esthétiques sur l’espace, la couleur, l’acte créateur, le corps et le désir. Son travail opiniâtre a ouvert de multiples voies qui seront explorées par plusieurs générations d’artistes à travers le monde, du Color Field à Support-Surface, de Simon Hantaï à Ellsworth Kelly.

Peintre français par excellence, Henri Matisse jouit d’un rayonnement considérable à l’étranger. La Fondation Alliance Française de Paris est donc le partenaire idéal de l’IESA pour ces rencontres parisiennes.

 


Dossier de presse : cliquez ici




Ci-contre: Henri Matisse "La Porte de la Casbah", 1912-1913, huile sur toile, 115x80cm. Musée Pouchkine, Moscou. Photo: The Bridgeman Art Library © Succession H. Matisse

logo video impact matisseCi-contre : Isabelle Bonzom, commissaire scientifique de ces rencontres
interdisciplinaires, présente "L'impact Matisse"



En janvier 2013, l’IESA a proposé un colloque international et interdisciplinaire sur la peinture américaine qui eut beaucoup de succès. Ce colloque s’adressait non seulement aux étudiants de l’IESA, notamment aux masters, mais aussi à un plus large public. L’audience était composée également d’étudiants d’autres écoles, de professionnels (historiens de l’art, artistes, galeristes, etc.) et d’amateurs. Il en sera de même pour les Journées Art & Culture consacrées à Matisse qui se dérouleront les 14 et 15 mars.

Le programme comprend une dizaine de communications de 40 mn et une table ronde à la fin de chaque journée. Ces rencontres ont traité de problématiques liées à l’œuvre de Matisse telles que l’espace pictural, la dématérialisation par la couleur, la réappropriation de l’ornemental, l’attitude artistique, le rythme, la découpe et la coupure, le corps et l’érotisme. Les Journées Art & Culture aborderont aussi l’héritage de son œuvre à travers divers mouvements artistiques et artistes. Les intervenants sont Éric Alliez, Isabelle Bonzom, Cécile Debray, Éliane Escoubas, Itzhak Goldberg, Ann Hindry, Jean-Pierre Raynaud, Georges Roque, Pierre Sterckx, Dominique Szymusiak et Thierry Tessier.


Programme des Journées Art & Culture L’impact Matisse

Vendredi 14 mars

Entièrement consacrée à Henri Matisse, la première journée porte sur les lignes de force fondamentales de son œuvre.

Modératrice : Isabelle Bonzom

10h : inauguration Boris Grebille , directeur de l’IESA, et introduction générale par Isabelle Bonzom
10h30 : Cécile Debray, Matisse, Paires et Séries
11h30 : Dominique Szymusiak, Du tableau aux gouaches découpées

12h30 pause déjeuner

14h : Georges Roque, La relation entre couleur et non-couleur : une question de rapports
15h : Éliane Escoubas, Matisse, une peinture du rythme
16h : Éric Alliez, Qu'est-ce que la Pensée-Matisse?
17h : Table ronde

Samedi 15 mars

Cette seconde journée est consacrée à l’impact de l’œuvre de Matisse sur plusieurs générations d’artistes.

Modérateur : Itzhak Goldberg

10h : introduction à la problématique du jour par Itzhak Goldberg
10h30 : Thierry Tessier, L’influence d’Henri Matisse dans la mode
11h30 : Pierre Sterckx, Matisse et Wesselmann. Nudités et mises à nu

12h30 pause déjeuner

14h : Isabelle Bonzom, Cristallisations et débordements selon Matisse et Hodgkin
15h : Ann Hindry, Ellsworth Kelly : Du trait au contour découpé
16h : Jean-Pierre Raynaud, La peinture mentale
17h : Table ronde


Intitulés et synopsis des conférences, biographies des intervenants


Vendredi 14 mars

Modératrice de cette journée :

Isabelle Bonzom est artiste, historienne de l’art et coordinatrice scientifique de ces Journées Art & Culture et du colloque sur la peinture américaine organisé par l’IESA en janvier 2013. Auteur d’essais sur l’art et du livre La fresque, art et technique ( Ed.Eyrolles), elle enseigne l’art moderne et contemporain à l’IESA. Elle donne des conférences, notamment sur l’œuvre de Matisse, au Musée National d’Art Moderne, à la National Gallery of Art à Washington, à la New York Academy of Art et au Baruch College, the City University of New York. Elle est aussi spécialiste de l’œuvre d’ Howard Hodgkin.


Cécile Debray

Matisse. Paires et séries


L’approche simultanée d’un même motif selon deux ou plusieurs traitements formels nettement distincts constitue un des traits réguliers et singuliers de l’œuvre de Matisse. Cette exploration formelle se caractérise dès ses débuts par ces doubles versions d’un même motif et permet de réinterroger ce procédé. Cécile Debray, commissaire de l’exposition Matisse, Paires et séries en 2012, au Centre Georges Pompidou, reviendra sur le parcours de cette exposition en évoquant ses apports quant à l’interprétation de l’œuvre de Matisse et aux questions qu’elle a ouvertes.

Cécile Debray
est conservateur au Musée National d’Art Moderne et conceptrice de la programmation des Galeries Nationales du Grand Palais. Elle a été commissaire de nombreuses expositions comme Le Nouveau Réalisme, Lucian Freud. L’atelier, Elles@Centrepompidou ou Matisse. Paires et séries. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages dont Le fauvisme, Citadelles Mazenod, 2014. Elle prépare pour cet automne l’exposition Marcel Duchamp, « peintre défroqué ». L’œuvre picturale, 1910-1923, au Centre Pompidou.


Dominique Szymusiak

Du tableau aux gouaches découpées


« Il n’y a pas de rupture entre mes anciens tableaux et mes découpages, seulement encore plus d’abstraction ». L’invention de la technique des papiers gouachés, découpés et collés qu’il développe pendant presque vingt années, de 1936 à 1954, emmène Matisse dans une des plus importantes révolutions artistiques du XX° siècle. Elle est le résultat de recherches acharnées qui aboutirent à l’accord entre le décoratif et le spirituel et réunirent dans d’ultimes créations, peinture, sculpture et dessin.

Dominique Szymusiak
est conservatreur et directrice honoraire du Musée Matisse au Cateau-Cambrésis. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’œuvre d’Henri Matisse dont les catalogues d’expositions Matisse et la couleur des tissus et Lydia D. : Lydia Delesctroskaya, muse et modèle de Matisse. Elle a aussi écrit sur le travail d’autres artistes comme François Rouan, Marc Chagall, Auguste Herbin, Christian Bonnefoi, François Morellet ou Joan Miró.


Georges Roque

La relation entre couleur et non-couleur : une question de rapports


Matisse est l’un des plus grands peintres coloristes du XXe siècle et il a été justement acclamé à ce titre. Cependant, on dissocie trop souvent dans son œuvre le travail de la couleur, d’un côté, et l’importance du noir, de l’autre, quitte à reprendre l’affirmation selon laquelle le noir est une couleur. Je voudrais montrer que chez Matisse, la question de la couleur est inséparable de la prise en compte du noir et blanc. Il ne s’agit cependant plus chez lui de faire prédominer les valeurs (qui soumettent la couleur à la clarté), mais de réconcilier la couleur avec le noir et blanc, en les considérant sous l’angle des rapports.

Georges Roque
est chercheur au CNRS depuis 1982. Il est philosophe et historien d'art. Ses domaines de recherche portent principalement sur la théorie de la couleur et la théorie de l’image fixe. Il est notamment l’auteur d’ Art et science de la couleur : Chevreul et les peintres, de Delacroix à l'abstraction, Gallimard, 2009, La Stratégie de Bonnard. Couleur, lumière, regard, Gallimard, 2006. Qu’est-ce que l’art abstrait ? Une histoire de l’abstraction en peinture (1860-1960), Gallimard, 2003 et Majeur ou mineur ? Les hiérarchies en art, Jacqueline Chambon, 2000.


Éliane Escoubas

Matisse, une peinture du rythme


Un philosophe a dit : « un tableau n’est pas fait pour être vu, mais pour voir ». Non pas voir le « quoi » des choses, mais le « comment ». Par delà le contenu représenté ou analogique, la peinture de Matisse, depuis les tableaux fauves des années 1905 jusqu’aux derniers papiers découpés, montre comment on voit quand on voit : elle peint le « rythme » du visible. Un rythme est une « forme », non pas une forme fixe, mais une forme mobile, fluide, en mouvement, en formation. Un rythme est un champ de tensions entre des formes qui se forment, entre des couleurs qui s’appellent ou se combattent, formes et couleurs s’associant en conflit ou en résonnance momentanée.


Éliane Escoubas
est une philosophe, historienne de la philosophie, traductrice et Professeur émérite de Philosophie à l’Université de Paris-Est. Outre de nombreux articles, elle est l’auteur de Imago Mundi - Topologie de l’art , Galilée, 1986, L’esthétique, Ellipses, 2003, L’espace pictural, 2è édition, Les Belles Lettres, Encre marine, 2011 et Questions heideggeriennes, Hermann, 2010. Elle appartient à l'école phénoménologique et œuvre dans le domaine de la philosophie allemande, de la philosophie de l'art et celui de la psychiatrie phénoménologique.


Éric Alliez

Qu'est-ce que la Pensée-Matisse?


Où il s'agira de montrer qu’avec le fauvisme et sa révolution continuée dans tout Matisse (ou presque), c’est le devenir qui donne matière à l’art au fil d'un devenir-autre de la peinture dont l’expansion critique s’expose comme telle dans des constructions processuelles mettant en jeu un « diagramme de sensations » désidentifié à la forme et à l'expérience esthétique qu'elle recouvre.

Éric Alliez
est Professeur de Philosophie et Créations Contemporaines en Art (Paris 8) et Professeur détaché de Philosophie française contemporaine au Centre for Research in Modern European Philosophy (Kingston University, Londres). Co-auteur de La Pensée-Matisse. Portrait de l'artiste en hyperfauve, Le Passage, 2005, suivi de L'Œil-Cerveau. Nouvelles histoires de la peinture moderne, Vrin, 2007, il vient de faire paraître Défaire l'image. De l'art contemporain (avec la collaboration de Jean-Claude Bonne), Les Presses du réel, 2013.



Samedi 15 mars

Modérateur de cette journée :

Itzhak Goldberg est professeur d’histoire de l’art contemporain à l’université Jean Monnet de Saint-Etienne. Critique d’art au Journal des Arts, il est l’auteur de nombreux articles dans des revues spécialisées et des catalogues d’exposition. Il est aussi commissaire d’expositions (Le Visage qui s’efface – de Giacometti à Baselitz, Toulon, Hôtel des Arts, 2008). Ses principales publications sont : Jawlensky ou le visage promis (Paris, L'Harmattan, coll. « Ouvertures philosophiques », 1998), Marinette Cueco et le Land Art (Paris, Cercle d'art, 1998), Installations (CNRS Editions 2014).


Thierry Tessier

L’influence d’Henri Matisse dans la mode


Les diverses périodes d’Henri Matisse montrent combien le costume a toujours été d'une grande importance dans sa peinture autant pour l'aspect ethnique et social que pour l'aspect purement esthétique. Les créateurs de mode comme Schiaparelli, Yves Saint Laurent, et bien d’autres se sont inspirés des œuvres de Matisse. Ces échanges entre la peinture et la mode sont l'occasion de discuter de l'approche des volumes et des couleurs par le peintre, mais aussi d'en comprendre leur interprétation dans la Haute Couture.

Thierry Tessier
est diplômé de Christie’s Education Paris et de Cambridge University. Expert en art et historien du costume, il enseigne, à Paris, le marché de l’art global à l’IESA art&culture et à l’Inseec Business School. Il est également professeur d’histoire du costume et de sciences humaines à Olivier Gerval Fashion & Design Institute. Actuellement, il travaille sur les catalogues raisonnés de Jean Madelin, J.P. Pinta et Raul Costa Camelo.


Pierre Sterckx

Matisse et Wesselmann.


Nudités et mises à nu Matisse et le « pop-nude ». Comment le pop art américain a pu entraîner Matisse loin du soleil méditerranéen vers l’artifice USA. La nudité paysage devenant le déshabillé pin-up.

Pierre Sterckx
est historien, critique d’art, conseiller en art et commissaire d’expositions. Il a été auteur de pièces de théâtre. Il est spécialiste d'Hergé. Il a été professeur à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et il enseigne à l’IESA. Il a notamment co-organisé l’exposition Turbulences à l’Espace culturel Louis Vuitton. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont 50 géants américains, Beaux-Arts Magazine, Impasses et impostures en art contemporain, Anabet. En 2014, il publie à la Lettre Volée Jérôme Bosch ou la fourmilière éventrée et Chardin : Les saveurs du savoir.


Isabelle Bonzom

Cristallisations et débordements selon Matisse et Hodgkin


Le peintre anglais Howard Hodgkin, dont l’œuvre a fait l’objet de nombreuses expositions à la Tate Gallery, au Metropolitan Museum of Art ou au Centro de Arte Reina Sofia, reconnaît en Matisse une parenté qui se situe particulièrement au niveau de l’ « identité morale ». Pour les deux artistes, le tableau est concentration et expansion, calme et catastrophe. Ces deux monstres des rapports colorés, à la fois bruts, sophistiqués et inattendus, cultivent les paradoxes. L’espace pictural est complexe, radical, sensuel et pensé.


Isabelle Bonzom
est artiste, historienne de l’art et coordinatrice scientifique de ces Journées Art & Culture et du colloque sur la peinture américaine organisé par l’IESA en janvier 2013. Auteur d’essais sur l’art et du livre La fresque, art et technique (Ed.Eyrolles), elle enseigne l’art moderne et contemporain à l’IESA. Elle donne des conférences, notamment sur l’œuvre de Matisse, au Musée National d’Art Moderne, à la National Gallery of Art à Washington, à la New York Academy of Art et au Baruch College, the City University of New York. Elle est aussi spécialiste de l’œuvre d’Howard Hodgkin.


Ann Hindry

Ellsworth Kelly : Du trait au contour découpé


Matisse parlait du "désir de la ligne", Ellsworth Kelly, dont l'œuvre est souvent regardée à la lumière de Matisse, a construit un vocabulaire pictural sur la "découpe". Son œuvre entier fut déterminé par l'usage de la ligne avec laquelle il traça ses premiers contours de plantes, en 1949. Matisse, quant à lui, inaugura les gouaches découpées dès le tournant des années 40, puis y consacrera les dernières années de sa vie. L’un “dessinait dans la couleur” et l’autre découpe la couleur dans l’espace. Au-delà de la similitude formelle, Matisse et Kelly montrent une préoccupation comparable pour le rapport complexe entre dessin et peinture, trait et couleur, espace négatif et espace positif.

Ann Hindry
est critique et historienne de l’art. Après des études de lettres en France et d'histoire de l'art aux USA, elle commence une carrière de critique et historienne entre New York et Paris. Elle a été la rédactrice en chef de Artstudio. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’art contemporain, consacrés notamment à Jackson Pollock, Frank Stella, Anthony Caro et Sol LeWitt. Elle est actuellement conservateur de la Collection Renault et l’auteur du livre Renault, la collection d’art : de Doisneau à Dubuffet, une aventure pionnière.


Jean-Pierre Raynaud

La couleur mentale


Pour l’artiste Jean Pierre Raynaud, les papiers découpés de Matisse ont été la révélation que la peinture n'est que causa mentale. L'auteur dans son rapport au monde de la Maison, construction-destruction, s'approchera de celle-ci dans son dernier moyen d'expression : comment vivre la peinture lorsque l'on n’est pas peintre?

Jean-Pierre Raynaud
est artiste. En 1969, il commence à construire sa propre maison à La Celle Saint-Cloud, qui est sa principale œuvre d'art. En 1975, Il réalise les vitraux de l'abbaye de Noirlac. En 1986, il reçoit le Grand Prix de sculpture de la Ville de Paris. Il réalise la Carte du Ciel dans les quatre patios de la Grande Arche de la Défense. Il représente la France à la Biennale de Venise en 1993 et obtient le Prix d'honneur. En 1994, il construit une voûte nucléaire sur un plafond du Louvre. En 1998, la galerie nationale du Jeu de Paume organise une rétrospective de son œuvre.




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