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ARTICLES, ENTRETIENS & CONFÉRENCES

Baldine Saint Girons - Pierre Sterckx - Eurydice Trichon-Milsani

Marie-France Braeckman - Céline Aucher - Martine Méheut

Paola Cocchi- Noh-Wan Park - Alexandra Bourré - Vincent Cristofoli


"Le vif du sujet"

Conversation entre Isabelle Bonzom et Pierre Sterckx

Pierre Sterckx est critique d'art et écrit dans Beaux-Arts Magazine. Il est l'auteur de René Magritte. L'empire des images (Ed.Assouline). Il a reçu, en 1996, le Grand prix du CNRS pour le scénario du cd-rom Le Mystère Magritte. Il a publié Le Devenir-cochon de Wim Delvoye et Hans Holbein. Outrage à la représentation, aux Éditions de La Lettre Volée. Il est aussi l'auteur de 50 géants de l'art américain, Beaux Arts Éditions. Actuellement, Pierre Sterckx est chroniqueur à l'émission de Guillaume Durand L'objet du scandale, sur France 2.

P.S : Tu es très sanguine dans ta peinture: il y a des ocres, des rouges; un côté sanguin et viscéral, mais pas expresssionniste en manque de consistances. Peindre la viande  comme tu la peins, en effet, ce n’est pas mortifère, le contraire d’une passion triste.                                                                                                   

I.B : Mon travail tente d’évoquer la réjouissance, la jubilation du monde, à travers le medium de la peinture, sans exclure un regard critique, au contraire. Il ne s’agit pas, en effet, d’enjoliver, d’idéaliser ou d’être béat. Tout dépend du regard que l’on porte. J’essaie d’être réceptive à mon environnement pour mieux l’appréhender.

P.S : Peindre est, en effet, un acte de la sensation... Tu indiques un certain type de corps, la chair qui n’est pas ce que l’on croit car on a perdu le sens du charnel.

I.B : C’est un corps vivant, intense, qui palpite.

P.S : Oui, il est vivant, d’ailleurs, il n’est pas nécessairement chez le boucher, malgré les apparences. C’est pour cela peut-être que les tableaux  (paysages, foule ou même viande) mettent des corps en mouvement, sans qu’il y ait gesticulation, ni mutilation. Une sorte de travelling se passe, une espèce de caresse oculaire. Une caresse oculaire oblique. Les marches de l’escalier sont une série de repères pour graduer ce qui est ingraduable, puisque c’est une foule, et, alors, cette espèce de grand plan oblique rouge dit: « Je suis une chair que l’on pénètre sans rien couper. Ce n’est qu’une oblique ». Alors, qu’est-ce que je découvre ? La multiplicité des corps et leurs sectionnements virtuels...

I.B : Quand j’ai travaillé ces tableaux, je renouais avec ce que j’avais abordé  il y a bien longtemps, notamment  dans la série des « Poupées »: la façon de créer des passages entre des personnages accumulés. En fait, tout est lié, notamment dans cette enfilade de personnages qui descendent. Lorsque je peignais, je passais de cet orange-rose à cet autre orange-rouge qui veut dire « la tête » et, ensuite, « le bras » de l’autre personne. C’est une dégoulinure de taches en quelque sorte. Cette rampe, c’est la viande et aussi, et surtout, l’affirmation du plan et l’ambiguïté entre les premiers plans, les arrière-plans, les lignes de fuite.

P.S : Une double ambiguïté, par l’image et par la touche.

I.B : Ce qui rend le tableau complexe. J’étais intéressée par ce rabattement et, en même temps, par l’affirmation de corps, de volumes.

P.S : Quand, par exemple, je regarde tes « Toits oranges », ce tableau montre un village en surplomb avec une très belle entrée violette dans les murets que tout à coup je découvre comme étant quelque chose en rapport avec d’autres thèmes, dont celui de la viande! Le petit pan de mur blanc fonctionne comme le pan blanc sur le côté de la première « Grande distribution» ou comme la rampe rouge de la « Descente d’escalier» du RER.  Cependant, ce petit pan de mur blanc est dedans, donc il fonctionne tout à fait à l’intérieur de la composition, c’est différent. Chez toi, l’hétérogénéité est dedans, tu introduis de l’hétérogène subtil.

I.B : Je ne peins pas, en effet, qu’en transparence, qu’en épaisseur, ou qu’en touche large, par exemple. Ce serait comme un écrivain qui ne se cantonnerait qu’à dix mots. Utiliser un système équivaut à se restreindre. Or, je veux découvrir, j’aime me surprendre en peignant. Je considère la peinture comme un terrain d’expérimentation. Cet engagement en peinture est un véritable travail de recherche « scientifique », d’appronfondissement du savoir.

 

Suite de cet entretien dans le catalogue Le vif du sujet/ The heart of the matter, 2006.



Catalogue disponible sur demande: ib@isabelle-bonzom.org


Cliquez sur Regards croisés, I pour visionner la conférence de Pierre Sterckx et Baldine Saint Girons

 

Les extraits suivants sont issus du catalogue Isabelle Bonzom. Corps à corps, terre à terre, 2003, édité par la Ville des Herbiers, à l'occasion de l'exposition personnelle d'Isabelle Bonzom au Château d'Ardelay:


"Les limpidités d’Isabelle Bonzom" par Baldine Saint Girons
Professeur de Philosophie, Baldine Saint Girons est spécialiste d'Esthétique à l'Université de Paris X-Nanterre. Commissaire d'exposition, elle est co-auteur de l'exposition Le paysage et la question du sublime au Musée de Valence, en 1997. Elle est aussi l'auteur de nombreux ouvrages. Elle a publié, notamment, Le Paysage et la question du sublime (Ed.R.M.N/Seuil 1997, 2ème éd.2001) et Le Sublime de l'Antiquité à nos jours ( Ed. Desjonquières). Elle vient de publier Les Marges de la nuit aux Éditions de l'Amateur.

La force et la tranquillité frappent dans les tableaux d’Isabelle Bonzom, mais d’abord des limpidités inédites. Limpide est–il équivalent à “ liquide ” ou bien dérive–t–il du grec lampô qui signifie “briller”? Quoi qu’il en soit, les peintures d’Isabelle unissent le fluide au clair et au lumineux; des couches successives apparaissent, rendant sensible à l’histoire et donnant le sentiment aigu du kairos —instant propice où les choses se révèlent et peuvent être comprises.

Le médium par excellence d’Isabelle est l’aquarelle. Regardez ses “viandes” : elles sont peintes aussi tendrement qu’un paysage. Le rose pâle, le carmin et l’orange transparaissent sous le vermeil et l’écarlate; le gris et l’amarante affleurent à travers le beige et le blanc, posés à larges touches neigeuses. Sur fond d’encre noire surgit un plat de côtes jamais vu; deux ficelles claires l’entraînent en lévitation et le reflet de son apparition s’étale sur une planche. Grâce à des superpositions constantes de touches nous croyons traverser la matière et atteindre ses centres de phosphorescence.

Les membra disjecta offerts à notre vision ne nous reprochent point une cruauté complice des abattoirs. Rien du cadavre ici, mais l’éclat de la chair devenue imputrescible. Rien, par ailleurs, qui appelle la fourchette et le couteau, mais une rutilation pure, une glorieuse crudité qui convoque un regard épris de vérité et d’organisation. Toute la beauté du monde est là : parfaite distinction, ingéniosité de fabrique, profondeur radieuse. La quête du beau, comme l’a montré Galien commenté par Jackie Pigeaud, s’étend au–dessous des fines enveloppes de peau. Et la nature est un Phidias de l’intérieur.

Nulle sanguinolence, pourtant : une apparition mesurée, contenue. Le plat de côtes surgit fugitivement dans notre champ visuel, telle une épiphanie. Va–t–il rentrer dans la toile et disparaître à jamais? La triade de la nuit noire, d’un plat de côtes rouge et blanc et d’une flaque de lumière semble émerger d’un instant unique.

 

Lire un autre extrait de ce texte dans Buon fresco


Texte de Marie-France Braeckman

Historienne de l’art, Marie-France Braeckman est aussi collectionneuse. Dans le catalogue de l'exposition Isabelle Bonzom. Corps à corps, terre à terre, elle fait part de sa réflexion concernant la série des nus masculins ( 1994-2002):

Il se dégage des peintures d’Isabelle Bonzom une santé, une solidité, un appétit de vivre qui vont à l’encontre de la vision dramatique de la chair malade et souffrante qu’on nous donne à voir bien souvent. Isabelle nous invite à un autre regard envers l’image qui unit la chair à la viande, image qu’elle traduit par des lignes et contours lisibles et des aplats de couleurs francs. Cette recherche aboutit à une vision du nu masculin qu’aucun artiste, qui plus est femme, n’a jamais osé exprimer. C’est là un regard lucide et jubilatoire qui parvient à traduire avec pudeur et hardiesse, à la fois, ce qu’il y a de tendre, de fragile, de délectable dans un corps d’homme, quand ce corps ose s’abandonner et se laisser regarder hors des attitudes conventionnelles qui visent à exalter la virilité conquérante.


Article d'Eurydice Trichon-Milsani

Critique d'art et docteur en histoire de l’art, Eurydice Trichon-Milsani, auteur de Dufy et de Au Musée National d'Art Moderne chez Hazan est aussi commissaire d'exposition. Elle a imaginé, notamment, l'exposition Voyageur sans boussole. Sur les traces de Dubuffet, au Centre Georges Pompidou. Elle donne, dans le catalogue de l'exposition Isabelle Bonzom. Corps à corps, terre à terre, un autre point de vue sur la série de nus masculins de 1994-2002:

"Ça a été ”* dit l’image et on constate que l’œil qui est passé sur le corps, qui l’a scruté, interrogé, fut “ objectif ”. Il l’a mis à distance en gardant un sang-froid incroyable, en s’interdisant tout épanchement. La main a suivi le même projet, mais avec plus de douceur. Par le biais d’un touché délicat, elle l’a défendu contre la dislocation: la transparence, la netteté, l’effet d’un glacis subtil ont concouru pour garantir l’unité. Pourtant, aucune émotion ne transparaît, aucune glorification particulière. La vie est captée dans sa réalité crue. A égalité avec les autres thèmes : paysages, objets , visages, viandes. On y reconnaît la même touche. Caresse discrète un peu indifférente. La même matité aussi, chère à l’artiste, excluant le clinquant.
La vue simultanée des viandes animales et des corps est troublante.
Enveloppe soyeuse et chair vive, mises côte à côte, dialoguent de manière inquiétante. On retrouve cet intérêt pour le rapprochement du dedans et du dehors dans la série des bouches, cette ouverture intime du corps qui n’est pas le “ coffre-fort ” redoutable dont parle Francis Bacon. Les bouches d’Isabelle Bonzom, souvent souriantes, suggèrent une énigme, une joie expansive ou rêveuse.
Ces aperçus de la figure humaine, fragmentés, avec leurs particularités mises en exergue, creusent le spectateur, lui provoquant une sensation ambiguë. C’est pour cette raison que ses paysages fonctionnent comme des intermezzi reposants. Leur couleurs et formes déployées sont de petites fêtes d’une joie discrète. L’effet de la “ coupe ”, cruelle dans le cas des corps, est ici autrement toléré. Les fragments anatomiques du tissu urbain sont toniques et perçus comme des compositions abstraites.
Ces contrastes entre figure et environnement, humain et matière, sont des partis pris privilégiés qui stimulent aussi bien le regard que la pensée.

* La chambre claire Roland Barthes


Cliquez sur Regards croisés, II pour visionner la conférence
d'Eurydice Trichon-Milsani et de Paola Cocchi


"Une érotisation de la viande et du paysage"

Texte de Vincent Cristofoli

En 1996, Vincent Cristofoli, directeur des musées de l'île de Noirmoutier, donnait carte blanche à Isabelle Bonzom pour une exposition personnelle in situ, intitulée Analogies. Sept ans après, à l'occasion d'une autre exposition en Vendée au Centre d'art de la Ville des Herbiers, Vincent Cristofoli évoque l'évolution de cette peinture. Voici quelques extraits de son texte écrit dans le catalogue, Isabelle Bonzom. Corps à corps, terre à terre.

Y a-t-il chez Isabelle Bonzom une érotisation de la viande et du paysage ?
La route est comme un choc. Ses assemblages de volumes voient l’ombre se poser comme une lacération. Les oppositions de surfaces sont rendues par la matière. Elle les a délibérément choisies, placées, gardant en tête son goût et sa formation à la fresque... Elle oppose les surfaces, l’une fluide, l’autre non et les coloris aussi : chauds, froids, sourds, vifs. Elle se plaît à produire, sinon un, mais des contrastes marqués et sa palette monte en gamme, en éclat. Maintenant elle oppose les matières et les tons.
La lame du pinceau a laissé une entaille noire dans les chairs du support.
La mer est fendue par la digue, l’espace, celui du mur, devenu celui de l’imagination dans le cas de son travail à la maison d’arrêt de St Malo, est matérialisé, mais bel et bien fendu, lui aussi par la plongeuse à la ligne acérée.
Les paysages de campagne sont eux-mêmes coupés par un chantier. C’est l’autoroute en construction qui passe. Alors, ça coupe la terre, la fend en son sein comme un soc et cela va plus profond encore.
Elle nous propose un état, un moment dans le temps. C’est suspendu. Il n’y a pas de regret, juste un constat plein de délectation...
Finalement au-delà de la suggestion qu’elle crée, à tous ces visages, à ces viandes, on peut apporter un flot de termes évocateurs : crudité, exécution, abattage… Autant de références à un univers qui va très loin.
La peinture d'Isabelle Bonzom, en tant que matière, est en évolution constante. Elle cherche des usages chromatiques, elle poursuit son travail à la fois lentement et vite, en fresquiste.
Ainsi, on peut la suivre dans ses œuvres et sentir toutes les innovations, les variations, la maturité de son pinceau et de son intention. Ses dernières toiles en appellent d’autres. Dans sa jubilation de l’acte viscéral de créer, on sent bien que de nouveaux territoires picturaux s’ouvrent à elle et par elle.


"Expérimenter l'universel" par
Martine Méheut

Fortement impliquée dans le Fédéralisme, Martine Méheut est agrégée de philosophie. Elle a publié, notamment, Penser le temps (Ed.Ellipses Marketing) et L'invention du Bonheur (Ed. de La Table Ronde). Elle est aussi amateur d'art et, dans le catalogue de l'exposition Isabelle Bonzom. Corps à corps, terre à terre, elle livre sa pensée sur la série des visages peints de 1990-92 lors d'un entretien avec l'artiste.

Ce sont des regards extrèmement présents, mais sans notion de futur ou de passé. C’est une présence intemporelle. Vous avez retiré tout l’anecdotique, or le temporel est une forme d’anecdotique… C’est un passage hors du temps par la plénitude et non par la fixité. C’est une présence vivante, il y a de la vie là dedans, mais c’est de la vie sans temps qui court, sans éphémère….
Tout ce que je vois dans vos peintures semble illuminé, c’est parfaitement lumineux, c’est limpide. Limpide au niveau de la lumière et, pourtant, on touche à l’obscur, c’est-à-dire, par la lumière on accède au mystère.
….vous ne brodez pas, vous retrouvez l’essentiel…c’est un retour vers l’intérieur, vers l’intime…l’intime en tant que : je me suis dépouillée de tout ce qui faisait mes particularités, je retouve le noyau central, l’intime en tant qu’universel.
Ce n’est pas l’altérité qui m’intéresse, c’est ce que nous partageons. Pourquoi suis-je émue devant ce que vous faites ? Parce que je ressens quelque chose que je vis, qui est enfoui quelque part, et que nous partageons sans doute par une certaine dimension que nous sommes capables de vivre. Et c’est ça l’universel. D’après ce que vous dites, l’universel c’est du vécu, non accessible quotidiennement ou à chaque instant, parce que nous sommes happés. Nous sommes distraits en fait. L’universel, c’est le non distrait, qui est de l’ordre de l’expérience.


"Ten Breaths, lieu d'expérimentations et de retour aux origines" & Conversation avec Eric Fischl

Isabelle Bonzom est l'auteur d'une longue conversation avec l'artiste américain Eric Fischl, dont deux extraits sont publiés sur le site CultureCie. Une partie intitulée "Le souffle et le toucher" est en ligne depuis le 28 avril, et l'autre "Ombres rêvées, ombres réelles: conversation avec Eric Fischl" est publiée depuis le 27 mai 2009. Enfin, Isabelle Bonzom est l'auteur de l'article " Ten Breaths, lieu d'expérimentations et de retour aux origines" édité par CultureCie le 1er juin 2009.


Peintures murales en milieu carcéral, conversation avec Paola Cocchi

En 2000, les Ministères de la Culture et de la Justice commandent à Isabelle Bonzom une intervention murale en milieu carcéral, dans le cadre de la réinsertion. La Maison d'Arrêt de Saint-Malo accueille le projet. Isabelle crée un véritable programme spécifique pour le lieu et ses habitants, sur le thème générique et fédérateur de la mer. Un catalogue et un film retracent cette expérience murale en milieu carcéral. Une conversation entre Isabelle Bonzom et Paola Cocchi, critique d'art et psychothérapeute est présentée dans ce catalogue. Lire le catalogue

Cliquez sur Regards croisés, II pour visionner la conférence
d'Eurydice Trichon-Milsani et de paola Cocchi


"Une promenade picturale à l'intérieur de la prison, avec la mer pour fil conducteur"
par Céline Aucher

Extraits d'un article consacré à l'inauguration des peintures murales à la prison de Saint-Malo en 2001

"Une promenade picturale à l'intérieur de la prison avec la mer pour fil conducteur.
C'est ainsi qu'apparaît l'oeuvre d'Isabelle Bonzom, artiste peintre, qui a ponctué les murs de la maison d'arrêt de Saint-Malo de mouettes, dauphins, plongeurs et autres créatures. Trente fresques sur trois étages qui évoquent le monde sous-marin, la surface de l'eau et la vie au-dessus de la mer. Des peintures qui peuvent se lire isolées, à l'horizontale sur un même étage ou à la verticale d'un étage à l'autre. Le travail personnel de l'artiste s'est enrichi d'un travail collectif : Isabelle Bonzom a ainsi animé un groupe de six détenus volontaires pour les aider à réaliser des peintures éparpillées dans les escaliers, près du parloir et dans la salle informatique. " Il s'agissait à la fois de faire vivre les murs et de stimuler des détenus qui n'avaient, pour la plupart, jamais touché un pinceau ", raconte Isabelle Bonzom. Les directions régionales de l'administration pénitentiaire et des affaires culturelles de Bretagne, à l'initiative du projet, veulent ainsi reconsidérer les murs de la prison. Les sortir de leur fonction d'enfermement pour qu'ils deviennent lieu d'imagination. " La culture peut être un moyen d'insertion sociale : par contagion, l'artiste donne envie au détenu de mener à bien un projet, de réaliser un travail par lui-même ", explique Thierry Spieser, adjoint du chef de l'unité Action socio-éducative à la direction régionale des services pénitentiaires de Rennes. ..." On vit différemment quand un professionnel vient travailler dans les murs. C'est valorisant pour les détenus", explique Joël Colas, enseignant à la maison d'arrêt de Saint-Malo. Pour Marnix Bonnike, conseiller des arts plastiques à la Direction régionale des affaires culturelles de Bretagne, " C'est un vrai projet artistique mené dans un lieu qui, tout autant que la société du dehors, ne saurait vivre sans le regard des plasticiens."

Céline AUCHER, le 26 avril 2001

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dans sa totalité


"Transparences organiques"
interview d'Isabelle Bonzom par Alexandra Bourré

En janvier 2008, le magazine Pratique des Arts a interviewé Isabelle Bonzom dans son atelier et un article de 4 pages est paru sur sa peinture, dans ce mensuel à la fin du printemps.

"Une nouvelle peinture, c'est toujours une nouvelle expérience, une aventure qui commence. Il s'agit de garder l'esprit et l'œil bien ouverts" dit la peintre interviewée par Alexandra Bourré. La journaliste remarque, quant à elle, "l'esprit aérien" de la peinture d'Isabelle Bonzom, "fait de voiles de couleurs juxtaposés". Au cours de cette conversation, l'artiste est amenée à indiquer à la journaliste: "Dans une avancée simultanée et progressive du dessin et de la couleur, je développe un univers qui, depuis des années, s'épanouit dans le sens d'une spirale".

Cliquer sur l'image ci-dessus pour lire l'article


Interview d'Isabelle Bonzom par Noh-Wan Park
parue dans the Monthly Art Magazine, en janvier 2009

Le 22 décembre 2008, Noh-Wan Park, correspondant du magazine d'art contemporain coréen Monthly Art Magazine, interviewe Isabelle Bonzom pour un bilan des expositions parisiennes de l'année. Traduction: Eunju Park

"Isabelle Bonzom, née en 1964, diplômée de l'École des Beaux-Arts de Rennes, spécialité peinture ( équivalent du doctorat), a étudié, en post-diplôme, à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts à Paris, spécialités art contemporain, esthétique et fresque. Elle est aussi conférencière au Musée National d’Art Moderne du Centre Georges Pompidou.

Légendes des photos:
À gauche, portrait d'I.Bonzom devant Beaubourg par Noh-Wan Park.
À droite, "Les 100 ans du futurisme" du 15/10 2008 au 26/01 2009, Centre Georges Pompidou. "À l’occasion de l’anniversaire des 100ans du futurisme, les œuvres futuristes, d’évolution variée et de différents pays ont été exposées dans 9 salles séparées." NWP

NWP- Quelles sont les expositions qui vous ont le plus marquée en 2008?
IB
-Je dirais l’exposition « Charles Sandison » au musée d’Orsay, « Giuseppe Penone » de la galerie Marian Goodman et l’exposition «Saul Leiter» de la Fondation Cartier-Bresson.
Charles Sandison est un artiste de 40ans, originaire de l’Angleterre. Il utilise des caractères ( chiffres, lettres, etc.) pour son travail en art vidéo. Contrairement à d'autres artistes vidéastes, il n’utilise pas toujours des écrans. À Orsay, son œuvre a été présentée en même temps qu'une peinture de Monet, et elle a trouvé une bel écho avec le travail de lumière faite par les impressionnistes.
L’exposition «Giuseppe Penone» a été une occasion d’apprécier des nouvelles œuvres de l'artiste qui a été un des représentants de l’Arte Povera, mouvement initié en Italie.
De même, Saul Leiter est un photographe américain, qui a montré une réelle sensibilité à la couleur.
J’ai également apprécié l’exposition du photographe tchèque Miroslav Tichy, au Centre Georges Pompidou. En Tchécoslovaquie, il était interdit de photographier, Tichy travaillait caché.
Enfin, l’exposition « le Futurisme » du Centre Georges Pompidou est intéressante car elle permet de pouvoir suivre simultanément les diverses évolutions du futurisme dans plusieurs pays d’Europe.

NWP- À propos du changement artistique mondial. Que prévoyez-vous dans le domaine de l’art français pour cette année?
IB- On est revenu à la peinture. C’est une tendance qui a déjà commencé il y a 4-5ans, mais elle a été particulièrement marquée pendant l’année 2008.
Duchamp avait dit : «la peinture est morte », mais elle ne l’était pas pour toujours. Les artistes jeunes, eux aussi, souhaitent reprendre la peinture.
Les demandes du marché encouragent également ce mouvement. Les galeristes n’hésitent plus à exposer de la peinture.
Pour la nouvelle année, je pense que le marché de l'art restera calme, à cause de la crise financière. Mais à l’image de la FIAC qui a eu un énorme succès, beaucoup de grands projets d’expositions sont en cours, ce qui est motivant."

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