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ISABELLE BONZOM
SUR LE SITE CULTUREL AUSTRALIEN
BRUSHWORD

 

Une réflexion sur la peinture d'Isabelle Bonzom par la critique d'art et commissaire d'exposition, Helen Gramotnev, publiée en décembre 2016 sur le site culturel australien Brushword

 

Force, quiétude, fraîcheur, sensualité; méditatif, savoureux, agressif, évocateur... Tels sont certains des mots qui viennent à l'esprit quand on essaie de décrire le travail d'Isabelle Bonzom.

Des tableaux à la fresque et autres peintures murales, l'art d'Isabelle Bonzom est vivant et respire autant que vous et moi. Dans ses compositions, l'artiste permet au support de dialoguer avec le médium et de ce dialogue naît " la peinture en tant que chair".

"La peinture en tant que chair" n'est pas un concept métaphorique. Il s’agit de l'aspect charnel de la peinture, de la toile et du panneau de bois, et peut-être, du mur lui-même! Il s'agit de permettre aux rainures du bois de se connecter physiquement à l'artiste, puis à la peinture, puis au public. C'est une célébration de la chair de la nature et des choses qui nous entourent. Parfois, il s'agit de la chair humaine ou d'un morceau de viande ou d'une série de sourires. Le sourire est-il dû au visage ou au médium qui l'immortalise? Probablement les deux. Parfois la chair est nature : après tout, il est difficile d'être plus organique (et aussi moins organique) que les arbres dans un parc. Les paradoxes sont le fondement de cet art.

Isabelle Bonzom est une artiste née en France, dont le travail a été exposé en musées et en galeries depuis 1987. Ses compositions intelligentes, hautement intuitives, aux multiples facettes exigent plus qu'un coup d'œil. À chaque fois que des critiques écrivent à propos d'Isabelle, ils lui accordent profondeur et maturité de pensée, sentiment et souffle de vie.

J'aime l'art qui interpelle, qui m'entraîne à le regarder encore et encore sans épuiser ses possibilités et ses défis. Les paysages d'Isabelle sont riches en contradictions, même en ambiguïtés. Les gouttes de blanc, lumineuses et espiègles, sont seulement là pour nous distraire de la profondeur de la couleur, de la force et du volume sous-jacents. Ces branches sont des branches normales comme toutes celles que j'ai vues, mais en même temps, elles ne le sont pas. Ce sont les branches des sapins de mon enfance, chatouillées par la neige, de grandes branches duveteuses, pleines de volume et de vie. Ce sont des branches de printemps, de nouvelles pousses - un peu de vert, un peu de rouge, un peu de bleu. Je vois des oiseaux dans ces branches aux textures comme des plumes et aux boucles étranges. Après un temps, je commence à remarquer des silhouettes humaines sous ces arbres. Certaines courent, d'autres marchent, une femme lit sur la pelouse... Au premier abord, tous ces personnages paraissent insignifiants, puis on s'aperçoit qu'ils font partie intégrante de la scène. Une fois qu'on les remarque, on ne peut plus ne plus les voir. Ces silhouettes sont un réconfort contre les ombres noires sous les lourdes branches, si elles sont là et qu'elles se sentent bien, alors je suis d'accord pour être ici, aussi. Il y a de la violence. Il y a également du réconfort. Il y a de la douceur malgré l'ombre. Plus on regarde, plus on a envie de voir.

La capacité d'Isabelle Bonzom à rester réceptive à ce qui l'entoure est ce qui lui permet d'utiliser la peinture comme un moyen d'activation. "En peinture, le sens est lié aux sens" dit-elle. Dans son art, elle établit des relations entre le concept et l'espace, ramenant les sensations à la surface. Le flux de surfaces denses qui domine son travail n'est pas aussi impénétrable qu'il ne paraît à première vue. C'est, en fait, un art délicat, mêlant la texture à la substance, et entièrement accessible. Une sorte d'incarnation revigorante et charnelle du monde qui nous entoure.

 

Brisbane, Australie, décembre 2016

Helen Gramotnev

Lire la version originale en anglais.

 


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