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EXPOSITION PERSONNELLE D'ISABELLE BONZOM
AU MUSÉE DE NOIRMOUTIER


"ANALOGIES"

Durant l'été 1996, le Musée des Traditions de l'Ile de Noirmoutier a donné Carte Blanche à l'artiste Isabelle Bonzom pour créer une exposition en fonction des collections. Véritable intervention in situ, l'exposition "Analogies", construite sur le mode de l'association d'idées et d'images, du rapprochement et de la confrontation, prenait en compte les collections du musée, ses salles, son jardin intérieur et ses abords.

 

Isabelle Bonzom a conçu et réalisé un parcours pictural lié aux thèmes et objets présentés dans les collections du musée: la mer, les métiers et coutumes insulaires. Tel un jeu de pistes, le parcours de l'exposition partait des rues adjacentes, entrait dans le musée, puis se prolongeait dans son jardin intérieur. En dialogue avec le contexte, une centaine de peintures d'Isabelle Bonzom furent exposées dans le musée, mêlées aux collections, et une dizaine de peintures murales furent réalisées dans les rues, à proximité du musée.

 

 

 

Les coquillages peints sur différents murs dans les rues adjacentes au musée sont des clins d'oeil à l'environnemment de l'île et aux coquillages réels présentés dans les collections du musée. Dans le "Cycle de la lune" (ci-dessous), Isabelle Bonzom peint sur des tuiles de la région. Cette oeuvre fut présentée dans la salle du musée consacrée à la navigation, la lune influant sur les marées.

 

 

 

 

 

 

 

Ci-dessus, une salle du Musée des Traditions de l'île de Noirmoutier dans laquelle est présentée la "Vrille" peinte par Isabelle Bonzom (en gros plan, ci-contre). L'oeuvre a été insérée sur l'établi du menuisier. Dans les huit salles du musée, des dizaines de peintures d'Isabelle Bonzom étaient ainsi intégrées aux objets de la collection.

Lire le texte de l'historien d'art Claude Baudez sur la série des tuiles, "Loving Liaisons".

Cette exposition au musée de l'île de Noirmoutier proposait au spectateur une réflexion interactive sur la réalité et la peinture, un jeu de mimétisme, de cache-cache et de découvrte entre l'objet réel et la chose peinte.

 

 

 
in "303. Arts, recherches et créations", 4è trimestre 1996

 

 

Vincent Cristofoli, directeur des musées de l'île de Noirmoutier, donnait carte blanche à Isabelle Bonzom pour Analogies.
Il se penche aujourd'hui sur cette exposition in situ :


Avec délicatesse, Isabelle Bonzom s'est faufilée dans les salles du musée.


Regardant chaque pièce exposée ou en réserve, elle a proposé un nouvel inventaire des collections. Elle a dessiné, peint à l'huile ou l'aquarelle des objets domestiques, des outils, des lunes et des paysages. Dépassant la description pure, elle a créé et des œuvres sont nées. Se substituant à l'objet de musée, son œuvre s'intègre dans le parcours de huit salles aux thématiques marquées. Des poissons, des viandes, ont rejoint les couteaux, les ciseaux ou la crécelle pour trouver une place logique et poétique.

Habituée des musées, Isabelle en a questionné les sens. C'est un véritable jeu dans le musée et dans la ville qu’elle a proposé. On cherche où est l’œuvre, à quoi est-elle confrontée ? Est-ce l'objet et son image qui sont là ? Est-ce seulement l'image ? D'un simple outil Isabelle crée une icône. Le visiteur progresse, allant de surprise en surprise. Isabelle donne à voir. Sa vision précise lorsqu'elle fait le portrait d'une plante du jardin intérieur ou d'un outil, incite à regarder différemment. Une paire de tenaille en métal devient belle, son importance dans un corpus muséographique est révélée au visiteur. Ce n'est pas une simple tenaille, ancienne certes, mais commune, c'est un objet de musée répondant à une logique. Imprescriptible, inaliénable, l'objet a un statut juridique souvent ignoré du visiteur. Isolé sur le support, sacralisé par son statut d’œuvre, l'objet et sa représentation discutent.

Ce fut une véritable installation. Isabelle Bonzom s'est approprié le musée et ses collections. Elle l'a investi et puis elle est partie, enfin presque, elle y est encore par les œuvres qui sont restées et qui parfois ressortent tant elles sont délicates.

Vincent Cristofoli, 2015

 


Durant la préparation de cette intervention in situ qui a duré une année, Isabelle Bonzom a séjourné plusieurs fois sur l'île, y a peint les paysages de la côte, les marais salants et les champs. Dans le musée, elle a dessiné les objets et les costumes, étudié les coutumes, les documents et les cartes, telle une anthropologue fantaisiste. Lors de l'exposition, une sélection d'une centaine de dessins et peintures furent installés dans les salles du musée en fonction des objets des collections et des thèmes de ces salles.


 

 

À l'occasion de cette exposition, l'artiste a exploré les thèmes du paysage marin, des points de vue et des lointains. Elle a également abordé la toile sous un nouveau jour en y peignant à l'aquarelle, laissant le tissu en réserve comme elle le fait pour le papier. Après l'exposition, Isabelle Bonzom a continué sa réflexion sur le paysage au point d'y consacrer plusieurs séries (consultez).

 

 

 

 

Lisez un autre essai de Vincent Cristofoli sur la peinture d'Isabelle Bonzom " Une érotisation de la viande et du paysage"

Découvrez la première exposition in situ d'Isabelle Bonzom, "Feuille à Feuille - Tête à Tête" créée pour le Musée de saint Maur - Villa Medicis


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